27 février 2007

What a Wonderful World

Sacré business la mort.
Sans mauvais jeu de mot, ca fait froid dans le dos. Les pompes funèbres ont y est souvent confronté rapidement après le décès d'un proche (comprenez le lendemain) et le refus qui jusqu'alors s'était emparé de vous face a cette réalité que vous fuyez, vous revient en pleine face a peine le cliquetis sordide de la porte a grelot franchit.
Ce qui est proprement hallucinant, c'est le détachement (salvateur?) qu'ont les gens de cette industrie face a la tristesse de chacun de leur client. Et le tact n'était malheureusement pas la spécialité de notre interlocuteur, sorte de Pierre Richard au sourire d'Harrisson Ford, le style beauf-gourmette en plus. Je pense sincèrement que tout cela partait d'un bon sentiment, mais ses tentatives aussi infructueuses les unes que les autres pour nous remonter le moral sonnaient comme une blague sur l'holocauste en plein marriage juif. Ah ! Il vaut mieux en rire, car je vous assure que ca n'a pas été une partie de plaisir.

Non mais quand on y repense, le marché de la mort, c'est quand même incroyable. Les prix pratiqués sont revoltant. Saviez vous qu'en moyenne des funerailles coûtent 4 000 euros?!.
Comment font les plus pauvres? Obligés de faire un prêt a la banque. Un monde de fou où certains doivent creuser eux même la tombe de leur proche pour économiser ...
Et que penser des frais de succession, où le notaire vous dit sourire de "compassion" aux lèvres que l'état va prendre jusqu'a 20% de la valeur monétaire de tout ce que votre père possédait, en vous priant gentillement de lui dresser une "petite" avance sur frais de 300 euros. Toute notre vie, les impots sur nos moindres revenus ponctionnent sans relâche. Chaque année de votre putain de vie active (excuse my french), vous participez aux depenses du pays.
Il est juste que chacun en fonction de ses revenus aident au bon déroulement de la machine étatique. Mais après votre mort?
Encore? Non c'est vraiment injuste et comme le disait Mohammed Ali "Nothing is wrong, but something ain't right"....

15 février 2007

Papa


Mon Papa s'est éteint a 56 ans.
Plein de grâce il nous a quitté bien trop tôt. Un malaise lors d'une conférence bancaire, et il s'est endormi a jamais. Ma tristesse est immense, un mois de deuil est déjà passé, alors que pour moi le temps s'est arreté ce 17 Janvier au soir. J'ai l'impression qu'a tout moment je vais enfin me réveiller de ce cauchemar atroce.
La réalité que j'essaye de fuir chaque soir en m'endormant péniblement, revient au galop au reveil.
Mon pére n'est plus.

La vie d'un homme dépend de son éducation, c'est indéniable;
et la presence d'un père dans l'équilibre d'un fils est primordial.
On devient un homme en imitant les gestes de son père, et papa en avait plus d'un geste. Aujourd'hui je pleure, mon coeur saigne, tout mon être flotte et ne sait plus quoi faire car j'ai perdu un complice, un ami, la pierre angulaire, véritable clé de voute de l'homme que je suis devenu. J'ai peur de m'effrondrer sans ce précieux allié, et je suis bien malgré moi obligé de passer de cet état d'éternel enfant a celui d'homme. Je ne veux pas vieillir, personne ne le souhaite, mais la disparition tragique de mon modèle, m'a un peu plus attiré vers ce monde adulte tant craint, tant redouté.
A un carrefour de ma vie, Papa a brutalement disparu, - je n'ai pas de colère, comment pourrais je lui en vouloir, il n'a pas choisi le moment - mais le vide qu'il laisse dénature l'instant present, rend fade cette vie qui continue malgré tout, autour de nous. Les gens qui s'affairent, qui marchent et se bousculent, personne ne se doute un moment que je souffre en silence. Tout ces étrangers dans la rue qui déambulent, qui oublient chaque jour insconsciemment la mort, répetant inlassablement les mêmes gestes du matin au soir.
Est-ce cela le but de l'homme sur terre, vivre sans vivre en attendant la mort?
J'ai toujours cru que la vie n'avait de sens que par la mort.
Je le pense toujours. C'est cette fin inévitable que l'on rejette sans cesse qui est le moteur d'une vie remplie d'amour, de découvertes, de bonheur. Alors profitez mes frères je vous le dis, innondez vos proches de votre amour, ennivrez vous des saveurs de la vie jugées par un trop grand nombre comme insignifiantes; une caresse sur la joue de votre amour, un plat preparé par votre mère, un dimanche ensoleillé avec des amis, une après midi pluvieuse au coin du feu, savourez sans discernement ni retenue aucune ce que chaque jour nous daignons à peine regarder, prenez le temps de prendre le recul nécessaire pour ne pas oublier l'essentiel : on ne vit qu'une fois et la mort chaque fois qu'elle sort de l'ombre nous en fait le triste rappel.


PS:
Je voulais une nouvelle fois remercier ceux qui de près ou de loin m'ont soutenu moi et ma famille dans ce tragique moment.
Je tenais également a dire a mes proches amis que je les aime du fond du coeur.Vraiment. Merci d'être comme des frères pour moi.
Enfin, par l'écriture j'espère peu à peu exorciser mes démons, et même si j'ai un instant songer a tout arreter, je me suis finalement convaincu que ce travail en profondeur ne pourrait être que bénéfique pour ce deuil qu'inconsciemment je ne veux pas faire.
Je ne veux pas tourner la page, la blessure ouverte est trop fraiche.
Papa tu es immortel.