Les series US sont en vogue, et personne ne s'en plaindra. C'est vrai a voir les productions Hollywoodiennes qui sortent remake sur remake, ou suite sur suite, on peut se demander ce qu'il advient des bons scénaristes de nos jours. A l'heure où les producteurs encore plus frileux que des banquiers, ne cherchent que des films "bankable", on comprend leur frilosité a chercher l'originalité...Les gens veulent des suites, et bien qu'on leur donne des suites !!
La télévision ricaine, elle, a mille lieux de notre télé hexagonale, aime prendre des risques. Chaque année a la rentrée de Septembre, c 'est le ballet des series qui redémarre inlassablement. La moitié d'entre elles n'iront pas au bout de leur saison mais certaines sortent du lot. Et le génie scénaristique des oubliés d' Hollywood éclate en plein jour. Des séries comme 24 Heures Chrono, Nip/Tuck , Desperate Housewives ont surpris la petite lucarne par le ton irrévérencieux qui les pimente.
Des rebondissements a foison, des personnages hauts en couleurs, une intrigue intriquée dans chaque épisode : l'Amérique redécouvre avec joie la "sauce dallas" qui accompagne chaque repas du soir avec délectation ( Aux USA les series sont en prime time : il n'y a pas de films a 21 heures comme en France ).
Une série cependant ne mérite pas le tapage qu'on veut bien lui donner. Après avoir maintes fois entendu parler d'un concept novateur, c'est avec une grande curiosité que j'ai mis le premier dvd de la première saison de Lost dans ma platine. Le concept me botte, un crash sur une ile deserte, 48 survivants : et si les existences de ces personnages étaient liées bien avant l’accident ? Et s’ils ne s’étaient pas retrouvés par hasard dans cet avion ? Quels terribles secrets certains d’entre eux cachent-ils ? Et s’ils n’étaient pas seuls sur cette île ? A mesure ou je lis le descriptif sur le dos de la jaquette, je sens, sur mon t shirt, dégouliner d'impatience la salive, que j'ai - il est vrai - en excès...
"Cette série va tout défoncer !!" me dis je.
Après 24 épisodes de 40 minutes -soit un total de 16 heures - la déception fut grande. Quel vide ! quelle longueur !
Le concept de raconter l'histoire de chaque personnage principal en flash-backs avant le crash était sur le papier novateur, mais de voir que c'est le seul élement qui nous sépare du pays de morphée, c'est un peu déroutant. En effet sur l'île, il ne se passe pratiquement rien, et quand quelques élements étranges apparaissent c'est avec un malin plaisir que les mauvais scénaristes nous renvoit a notre comptage de moutons. Un exemple ? Dans le deuxième épisode, on apprend qu'un protagoniste auparavant paralysé des jambes a en retrouvé l'usage comme par magie. Est ce qu'on apprend le pourquoi de son infirmité et surtout le pourquoi de ce miracle? Est ce que l'homme en question en parle autour de lui ? Est ce qu'on va savoir ce qu'il se passe sur cette putain d'île ?
La réponse aux trois questions est Non ! Non et Non ! Intéressant après 16 heures de programmes !
Je vous passe les histoires encore moins intérressantes d'une reprise de justice, d'un docteur beau gosse, d 'un ex rocker héroinomane, d'une femme enceinte de 8 mois, ou d'un irakien qui se prend pour Mac Gyver. 16 heures de quasi vide, agrementées par ci par la ( lire tous les 4 episodes ! ) de pseudo révélations fantastiques pour faire prendre la mayonnaise. Certes tout n'est pas a jeté, les acteurs sont bons , mais le scénario usé jusqu' a la corde nous fait nous demander si on nous prendrait pas pour des cons. La fin de la saison s'accelère heureusement un peu , et on jubile enfin a mesure qu 'approchent les derniers épisodes et les explications tant attendues...
La surprise est de tomber sur un pétard même pas mouillé ( vu que le dit pétard n'a même pas eté allumé !). Aucune explications je dis bien aucune sur le pourquoi de leur présence, le coté fantastique de l'île, rien de rien, encore du vide et un "to be continued" alors qu'on était en droit d' attendre au moins quelques révélations. 16 heures d' épisode-Pilote un comble !